Préparation du corpus archivistique en fonction d’une thématique (son et image animée)

LA CONSIGNE

Cette étape de sélection est fondamentale, les intervenants artistiques (en dialogue avec l’équipe éducative)  choisissent des images qui correspondent  à une thématique pré définie, dans une perspective très large de situation, de temporalité, de choix esthétique, mais ils doivent aussi  sélectionner des images plus insolites qui viennent en collusion avec la thématique initiale. C’est cette grande diversité qui va permettre de nouvelles associations d’images et ouvrir la possibilité à chacun des participants de se projeter et de construire un imaginaire plus riche.

QUE FAIT-ON?

Les intervenants ont fait une première sélection d’images d’archives afin de constituer un corpus, sur une thématique, ici sur le thème de la ville. Au total, 45 minutes d’images constituent ce corpus. Les intervenants préparent aussi un corpus de sons, une sorte de banque de données sonores pour servir de matière dans la suite du processus. Il faut aussi penser ce corpus dans deux logiques : des images qui pourront se compléter ou des images qui pourront entrer en collusion. Même si ce sont les participants qui vont tout fabriquer eux-mêmes, il faut leur fournir une matière image et son avec de  fortes potentialités créatives.

L’INTÉRÊT

Les images d’archives sont une matière vivante : elles vont être travaillées non dans leur intérêt historique dans un premier temps mais d’abord comme éléments possibles pour créer du récit.

Il s’agira, comme en inventant un puzzle, de les prendre comme des pièces pour fabriquer une histoire qui sera, selon le thème choisi, une proposition de regard et de pensée. Il faut donc faire une sélection d’images variées qui ouvrent une pluralité de créations possibles.

Ce qu’il faut souligner, dans la préparation du corpus, c’est l’enjeu de ne pas d’emblée orienter les propositions. Un thème choisi circonscrit les choix d’archives, mais il faut une multiplicité de types d’images. Les artistes les regardent donc avant tout comme une matière.

Un temps important doit être consacré à la constitution de ce corpus aussi parce que les artistes doivent ensuite en avoir une connaissance très rigoureuse pour être en capacité d’accompagner efficacement les participants. Ils doivent très vite pouvoir aller avec eux fouiller dans ce réservoir, à différentes étapes de sélection et de montage. Et bien entendu, pour ne pas rigidifier les recherches en les rendant trop laborieuses et incertaines, ils doivent pouvoir tenir un rôle très pointilleux d’accompagnants en connaissant les ressources que les participants peuvent mobiliser.

Il faut donc qu’ils puissent fluidifier les recherches d’images, ne pas  rendre ces étapes de travail pesantes pour les participants, et donc de ce fait, les rassurer. Les participants doivent faire l’épreuve de l’effort à fournir dans le processus de création, et de la minutie dont il faut faire preuve pour être exigeant dans ce que l’on veut dire et la façon de le dire. Mais néanmoins, il ne faut pas perdre la part essentielle de rapport intuitif et physique qu’ils doivent laisser surgir dans la relation avec les archives, éléments clés du désir de récit et de l’ouverture de leurs schèmes de pensée et de perception. Le dispositif doit donc, dans une certaine mesure, permettre de préserver un principe d’élan. Les artistes ont donc la charge d’accompagner en facilitant l’exploration dans les ressources visuelles et sonores qu’il est possible d’utiliser.

MIEUX COMPRENDRE CE QUI SE JOUE ICI

  • nouveaux usages d’images d’archives utilisées comme ressources pour des processus artistiques et éducatifs transformatifs
  • sélectionner sans fermer: penser des choix d’images et de sons dans un objectif d’ouverture de potentialités de récits
  • avant même le démarrage de l’action et le contact direct avec les participants, se placer dans une posture d’anticipation dans l’objectif de laisser le plus de possibilités possibles à ces derniers
  • acquérir une connaissance parfaite des ressources: l’intervenant doit accompagner en étant lui-même un support, donc en facilitant les recherches futures et l’appropriation de la matière audiovisuelle par les participants